Portrait

La spiritualité dans la vie de Mario Pelchat

Par Denis Méthot

Ce n’est pas un hasard si Mario Pelchat a enregistré deux albums avec des prêtres. Il l’a fait d’abord pour sa mère Raymonde, décédée d’un cancer à la fin de 2019, mais tout convergeait dans son existence pour en arriver un jour à ce rapprochement à la fois musical et spirituel avec des hommes de l’Église. Jeune, il interprétait des chants religieux avec sa sœur Johanne au sein de la chorale de l’église de Dolbeau et la spiritualité a toujours occupé une très grande place dans son existence, même encore aujourd’hui à l’âge de 56 ans.

 

Le chanteur n’en fait pas une affaire de religion, mais de foi et de croyance, surtout dans Jésus, fils de Dieu.  Beaucoup de saints sont représentés ou mis de l’avant dans l’Église catholique mais à ses yeux, le personnage principal, c’est Jésus-Christ car c’est lui qui en prenant un corps mortel, est venu sur Terre enseigner la bonne voie. En entrevue exclusive au Journal50, il a élaboré sur ses convictions religieuses et spirituelles, chose que peu de gens dans le milieu artistique oseraient faire si ouvertement de crainte d’être jugés ou ridiculisés.

Un prêtre en particulier, l’abbé Denis Delisle, qui vit aujourd’hui à Québec, a fortement contribué par ses actions à maintenir et à renforcer le lien qu’il avait développé durant son enfance avec l’Église. Ce père mariste, qui a servi à Dolbeau, jouait de la guitare et chantait. « Ça nous avait beaucoup connecté, raconte Mario, parce qu’on trouvait cela cool. Ça faisait des cérémonies modernes, bien différentes des messes austères. Grâce à lui, on est resté lié avec l’Église. En même temps, on respectait la foi de nos parents. »

Lecture de la Bible

À l’âge de 18 ans, il a commencé à s’interroger, ce qui l’a amené à lire la Bible et n’a jamais cessé. « J’ai toujours été profondément croyant, dit-il. Dans la Bible, j’allais surtout lire le Nouveau Testament, la vie de Jésus, ce qu’il était venu porter comme message sur Terre. Cela m’a beaucoup interpellé. L’Évangile, cela veut dire Bonne nouvelle. Jésus venait apporter la bonne nouvelle, la Parole. Ce n’était rien de mystique. Au contraire, c’était tellement simple. La récompense à la fin, c’était la vie éternelle. Je trouvais cela extraordinaire. Je ne comprenais pas pourquoi il y avait tant d’oppositions à ma démarche. Plein de gens me disaient :  « Mario, tu lis la Bible, tu vas capoter ! ». Et moi je leur répondais : « Je veux savoir d’où on vient et où on va ».

Encore aujourd’hui, il en est un fidèle lecteur. Il est abonné à BibleGateway, un site Web qui permet une lecture de la Bible dans de nombreuses versions, dont le français, l’anglais et l'espagnol. À tous les jours, il reçoit un passage, qu’il lit assidûment, pour le bien que cette lecture lui procure. « Jésus nous l’a dit, rappelle-t-il, on ne vivra pas de pain seulement, mais de toutes paroles qui sortent de la bouche de Dieu. »

Sa foi dans les interventions divines

Mario Pelchat, qui a interprété 250 fois le rôle de Quasimodo dans Notre-Dame-de-Paris, croit encore dans les interventions divines. « À plusieurs reprises dans mon existence, témoigne-t-il, j’en ai eu la preuve concrète. Je me suis mis à genoux et une porte s’est ouverte. » Il cite sa rencontre avec celle qui allait devenir son épouse, Claire. Il n’était pas heureux, il avait besoin de quelqu’un et il cherchait. Un jour, il s’est rendu, seul, à un mariage. Elle était assise avec son copain à la table où il s’est installé. Il l’a regardée une fraction de seconde. L’homme qui l’accompagnait l’a dévisagé, puis s’est tourné vers Claire et lui a dit : « Il faut que je te parle. » Ils sont allés à l’extérieur. Il lui a demandé si elle connaissait le type assis en face de lui. Elle a répondu que non. Il lui a dit, en anglais :  « Tu vas marier ce gars. » C’était une forme de prophétie dans laquelle le chanteur reconnaît la main de Dieu.

« Jésus n’était pas dans une religion »

Baptisé et élevé dans la religion catholique, il a toutefois pris une certaine distance avec cette confession religieuse même s’il a chanté et s’est produit sur scène avec des prêtres catholiques. « Je n’ai rien contre le catholicisme, dit-il, rien contre les autres formes de religions, mais Jésus n’était pas dans une religion. C’était un personnage important qui transmettait un message. Ce qu’il a apporté et ce qu’il a dit, ce n’était pas une religion. « Je crois en Dieu, en Jésus-Christ, précise-t-il, mais je ne fais pas partie d’une dénomination plus qu’une autre. » Il dit ne pas aller à la messe, mais s’il a l’occasion d’assister à une assemblée chrétienne, il va s’y rendre.

Avec la diminution de l’importance de l’Église au Québec, beaucoup de gens ont perdu tout repère spirituel.  Quand ils traversent des moments difficiles dans leur vie, ils s’en remettent alors à l’État, aux médecins à des travailleurs sociaux, des psychologues, des psychiatres. « Ça me désole, commente Mario. Nous avons eu cette discussion avec les prêtres avec qui j’ai chanté. Même si je ne fais pas partie d’une religion, je trouve extrêmement triste que les églises ne soient plus fréquentées, ferment, se transforment en condos, que l’on mette tous les prêtres dans le même bateau parce qu’il y a des abus au sein de l’Église et que l’on rejette du revers de la main tout l’enseignement qu’ils nous avaient apporté. Que l’on sorte les crucifix des écoles et des endroits publics, je trouve cela d’une tristesse sans nom. »

    

Mario Pelchat a réalisé à ce jour deux albums avec les prêtres et il se produira à nouveau sur scène avec eux à quelques reprises à l’été 2020. Il présente également son spectacle hommage à Charles Aznavour au Capitole le 20 mars prochain.

Partage par courriel